- It has been 12 years now since my mother passed away. We all miss her very much, Chauncey, my son, Dominique, my daughter, and for sure myself, along with so many friends on both sides of the Atlantic. The following is what I wrote at the funeral in the South of France, in the city of Grasse.
12 February 2014.
- Mesdames et Messieurs. Ladies and Gentlemen.
- Je vous remercie beaucoup d'être venus, en grand nombre, ici pour assister au départ final d'une vie bien remplie. Mme Jacqueline Le Liepvre, du nom de son deuxième époux, était une femme qui n'est pas passée inaperçue et qui comptait beaucoup d'amis de par le monde. Je suis ici pour en attester. Pour ceux qui ne connaissent pas toute l'histoire, je vais essayer de donner un compte rendu rapide d'une longue vie de 92 ans.
Né en Belgique, j'ai connu ses parents, mes grands-parents, qui étaient comme on dit des gens très bien. L'un aussi différent de l'autre mais unis dans un amour sincère, ils ont élevé deux enfants, ma mère mais aussi mon oncle Yves ici présent avec son épouse et ma cousine Florence. L'enfance de ma mère était plutôt dorée. En partie grâce à sa grand-mère pour laquelle elle avait une affection sans limite. Avec une jeunesse consacrée à la danse et à des études sans conséquence, rien n'aurait pu prédire à un autre futur que celui d'une jeune femme accomplie bâtie sur son rôle de jeune fille de bonne famille.
- Mais voilà la guerre arrive; la guerre éclaire. Devant l'avance foudroyante des troupes allemandes, mes grands-parents jugent bon de ne pas trop attendre et c'est en catastrophe que tout le monde embarque en voiture sur des routes bondées de monde, de cadavres et de troupes françaises en retraite. Jusqu'à se trouver près des côtes de l'Atlantique à un endroit qui s'appelle St-Jean-d'Angély.
C'est là que l'histoire prend un tournant pour le moins inattendu. Juste sorti de l'École Navale, avec les Allemands littéralement à la porte, mon futur père suivait des cours de pilotage à cet endroit. Dans ce pele mele des habitants, des réfugiés venant de toute la France et d'ailleurs, ce jeune officier tombe amoureux de Jacqueline la petite Belge, en tout bien tout honneur bien sûr.
Mais avec la guerre, lui-même à Alger est prêt à partir pour Londres, rien ne permettait de faire des plans sur la comète. La famille comme tout le monde après la défaite sont tous encouragés à retourner chez eux. Ce serait la fin d'une histoire, mais mon père insistant se décide à poursuivre cette rencontre due au hasard. Pourtant c'est loin d'être évident. Parti aux USA, il fait partie d'une escadrille de l'Aéro-Navale française qui poursuivra la guerre depuis son début sur les côtes nord-africaines et jusqu'à la fin. De par deux fois, il franchit la ligne de démarcation pour se rendre en Belgique sous le nez des Allemands, pas facile et dangereux au possible. Enfin avec la conclusion du conflit en mai 1945, mon père se retrouve peu de temps après à Gand pour proposer le mariage à ma future mère.
Avec une maison sans toit, un V1 ayant explosé pas très loin, la cérémonie s'est déroulée en réunissant toutes les forces rassemblées de l'Officers' Club, un mélange d'Anglais, de Polonais, d'Américains pour un événement qui ne manquait pas de couleur. Je suis né un an après.
Né en Belgique, j'ai connu ses parents, mes grands-parents, qui étaient comme on dit des gens très bien. L'un aussi différent de l'autre mais unis dans un amour sincère, ils ont élevé deux enfants, ma mère mais aussi mon oncle Yves ici présent avec son épouse et ma cousine Florence. L'enfance de ma mère était plutôt dorée. En partie grâce à sa grand-mère pour laquelle elle avait une affection sans limite. Avec une jeunesse consacrée à la danse et à des études sans conséquence, rien n'aurait pu prédire à un autre futur que celui d'une jeune femme accomplie bâtie sur son rôle de jeune fille de bonne famille.
- Mais voilà la guerre arrive; la guerre éclaire. Devant l'avance foudroyante des troupes allemandes, mes grands-parents jugent bon de ne pas trop attendre et c'est en catastrophe que tout le monde embarque en voiture sur des routes bondées de monde, de cadavres et de troupes françaises en retraite. Jusqu'à se trouver près des côtes de l'Atlantique à un endroit qui s'appelle St-Jean-d'Angély.
C'est là que l'histoire prend un tournant pour le moins inattendu. Juste sorti de l'École Navale, avec les Allemands littéralement à la porte, mon futur père suivait des cours de pilotage à cet endroit. Dans ce pele mele des habitants, des réfugiés venant de toute la France et d'ailleurs, ce jeune officier tombe amoureux de Jacqueline la petite Belge, en tout bien tout honneur bien sûr.
Mais avec la guerre, lui-même à Alger est prêt à partir pour Londres, rien ne permettait de faire des plans sur la comète. La famille comme tout le monde après la défaite sont tous encouragés à retourner chez eux. Ce serait la fin d'une histoire, mais mon père insistant se décide à poursuivre cette rencontre due au hasard. Pourtant c'est loin d'être évident. Parti aux USA, il fait partie d'une escadrille de l'Aéro-Navale française qui poursuivra la guerre depuis son début sur les côtes nord-africaines et jusqu'à la fin. De par deux fois, il franchit la ligne de démarcation pour se rendre en Belgique sous le nez des Allemands, pas facile et dangereux au possible. Enfin avec la conclusion du conflit en mai 1945, mon père se retrouve peu de temps après à Gand pour proposer le mariage à ma future mère.
Avec une maison sans toit, un V1 ayant explosé pas très loin, la cérémonie s'est déroulée en réunissant toutes les forces rassemblées de l'Officers' Club, un mélange d'Anglais, de Polonais, d'Américains pour un événement qui ne manquait pas de couleur. Je suis né un an après.
- La Marine a envoyé les jeunes mariés à Port Lyaute au Maroc. Ensuite au Sénégal et à nouveau au Maroc, cette fois-ci à Agadir. Ma mère a toujours dit qu'Agadir avec notre goelette Europe qui viendra plus tard était le plus merveilleux moment de sa vie. Sous le soleil et la beauté de l'endroit, c'était à la fin de la guerre, c'était un pays où tout pouvait se trouver. Les penuries en Europe dureront encore longtemps.
- Mon frère est né à Agadir. La vie coloniale au Maroc avait du bien, heureusement parce qu'avec la guerre d'Indochine où mon père est parti trois ans, il n'aurait pas été facile d'élever deux jeunes enfants turbulents. Après le conflit nous sommes partis en Allemagne, bien que l'endroit soit très beau, la Bavière, ma mère se languissait. La proximité de sa famille aidait, mais c'est avec joie que l'ordre de mission suivant était de repartir au Maroc à Casablanca cette fois-ci. Mon pere Commandant d'une base lointainet, tous les weekend nous attendions son avion qui balancait de ses ailes au-dessus de la plage pour nous signaler de son arrivee.
- Mais tout a une fin et en un tournant, mon père décide de quitter la Marine. On fait des erreurs dans la vie. Sans s'étendre là-dessus, la famille se retrouve en Hollande/Belgique où ma mère commence à déprimer sérieusement. Pendant les vacances, nous allions sur la Côte d'Azur et éventuellement c'est où Jacqueline, permettez-moi de l'appeler Jacqueline, nous les enfants qui avons toujours voyagé avec notre père et notre mère et à peu près tout le monde; elle décide de s'établir d'une manière permanente au sud de la France.
- Bien sûr, cela ne pouvait pas durer pour rester marié beaucoup plus longtemps. C'est la séparation et pour elle une vie nouvelle à Saint-Paul-de-Vence. Dans ce monde d'artistes, de metteurs en scène, d'acteurs et de peintres comme Elle, je pense que malgré les difficultés de tous les jours, Elle s'arrange pour monter une galerie en rénovant une maison sur la Place de l'Église. Quelques années s'écoulent ainsi. Jusqu'au beau jour où mon petit frère, 19 ans à l'époque, déclare avoir trouvé un bateau, retour d'un Tour du Monde. Elle est célèbre, cette Goelette de 21 mètres ! Baptisé par la Princesse Grace Kelly de la Principauté de Monaco comme le premier bateau de plaisance de l'Union européenne sous le nom d'"Europe". Ils l'auront. Un petit miracle.
Attache au tout nouveau port de La Napoule, le bateau est en charter pour quelques années. Mais avec mon frère en Afrique pour monter une ligne aérienne et moi-même aux États-Unis, il devenait difficile de tout faire.
- Le bateau est vendu. Patrimoine National, la goelette navigue jusqu'à ces jours et a effectué au moins un autre Tour du monde.
Attache au tout nouveau port de La Napoule, le bateau est en charter pour quelques années. Mais avec mon frère en Afrique pour monter une ligne aérienne et moi-même aux États-Unis, il devenait difficile de tout faire.
- Le bateau est vendu. Patrimoine National, la goelette navigue jusqu'à ces jours et a effectué au moins un autre Tour du monde.
- Entre-temps, ma mère avait rencontré M. Paul Le Liepvre. Et ils se sont mariés. Oncle Paul, comme nous l'appelions, sort des histoires de l'oncle Paul des albums Spirou. Dans le passé, Officier des Affaires Indigènes, durant 17 ans dans le désert, il contrôle un territoire de la taille de la France (ou du Texas) lequel prend six mois à dos de chameaux pour en faire le tour. Le Seigneur du désert. Mais c'est une autre histoire.
- En couple, ils s'installent donc au Cannet, sur la hauteur et en face d'un jardin merveilleux du propriétaire un peu plus bas. Pour quelqu'un qui n'avait pas vu une route de circulation pendant des années passées dans les sables, Oncle Paul a son retour en France dans la grande mystérieuse organisation qu'est la République, Monsieur Le Lievre se trouve Directeur Général en charge de diriger la construction de toute l'Autouroute Sud que nous avons presque en face de nous à Grasse.
- Un peu plus tard, ayant déménagé pour s'établir dans une villa en bas de la ville de Grasse, la tragédie arrive avec le meurtre de mon frère Dominique. Inutile de vous dire l'influence sur le reste de nos vies a cause de ce crime. Ma mère n'a plus été la même bien certainement. Sur la personne que vous connaissiez tous, d'une femme d'exception de par sa personnalité, son intelligence, amusante, toujours tirée à quatre épinglés, se cachait une douleur énorme que seule une mère peut comprendre avec la perte d'un enfant. Toujours est-il que pour un temps elle se retire dans un monde Guru, mais pour un temps seulement, suffisamment pour en retirer des amitiés qui durent jusqu'à ce jour, mais sans plonger dans les autres aspects de cette organisation. C'est donc à Grasse, au Grand Palais, qu'elle s'installe à ce moment-là. Un bel appartement avec de hauts plafonds et une vue sur le jardin et la ville. Paul Le Liepvre y meurt, il y a vingt-cinq ans maintenant. Mo père, la même année.
-Elle s'installe au Palais Provencal, juste à côté. Tous les printemps et étés sont passés dorénavant aux U.S.A où je réside. Elle aime bien ces séjours paisibles dans cette belle petite ville sur la côte Est des États-Unis, pleine d'une nature qu'elle aime tant. Pouvant nommer les essences d'arbres et de plantes qui pourraient étonner plus d'une personne. Mais voilà, on comptait bien la revoir cette fois-ci encore mais le destin en a pensé autrement. Après 32 déménagements au cours de sa vie évidemment celui-ci est le dernier.
Le château de Lokeren.
Le Maroc.
La Goelette Europe.
Le château de Lokeren. Le Maroc.




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